Crédit photo : AK / CAUE 34

Transformer les cours d’école : un enjeu environnemental et social

« La cour de recréation fonctionnait 
de la même manière que le reste du monde : 
les grands ne côtoyaient pas les petits. »

Extrait de En finir avec Eddy Bellegueule (2014), Edouard Louis.

Aujourd’hui, des préoccupations d’ordre sociales et environnementales génèrent des interrogations croisées : comment repenser l’aménagement des cours de récréation, miroirs du monde, en prenant en compte les enjeux environnementaux et d’égalité ?

Asphaltées et imperméabilisées pour des raisons d’hygiène, de sécurité ou encore de facilité d’entretien, elles offrent pour la plupart un cadre fonctionnel sans qualité. Les désimperméabiliser et les végétaliser pourrait augmenter le bien être des élèves et participer à la lutte contre le réchauffement climatique.

Par ailleurs, ce sont des micro-espaces publics dans lesquels les enfants apprennent à vivre ensemble, et où, selon les géographes du genre, la mixité filles / garçons fait souvent défaut.

 

L’enjeu environnemental : un monde imperméabilisé

Les cours d’école, de collège et de lycée représentent de nombreux hectares artificialisés, créateurs d’ilots de chaleurs urbains. Désimperméabilisées, elles pourraient devenir de nouveaux supports de biodiversité et prévenir des risques d’inondation. Ce sont aussi des espaces d’apprentissage et de sensibilisation à l’environnement pour les élèves. Par ailleurs, plusieurs villes (Barcelone, Paris…) envisagent leur ouverture au public en dehors des temps scolaires pour améliorer l’offre d’espaces publics arborés en milieux urbains et la qualité de vie.

 

L’enjeu d’égalité filles / garçons : un espace public genré

Les cours de recréation sont des espaces d’apprentissage pour les enfants et adolescents, constitutifs de leur rapport à l’espace public. On peut y observer les réalités sociales et impulser des changements par l’aménagement. Peut-on dire qu’il y a un droit à l’espace de la récréation égal pour tous et toutes ? 

La docteure en géographie Édith MARUÉJOULS a étudié le partage inégal de l’espace entre les filles et les garçons dans les cours d’école : bien souvent, le centre de la cour est un terrain de foot occupé par une majorité de garçons, laissant les bords aux filles et aux garçons qui ne jouent pas. Les lignes blanches qui délimitent le terrain de jeu sont de réelles barrières physiques et mentales. Il y a une inégalité d’occupation de la cour et un réel enjeu pour les enfants d’investir la cour de manière égalitaire. La mixité a alors toute sa place dans un programme de réaménagement des cours, qui doit prendre en compte les usages diversifiés pour que chacun.e trouve sa place.

 

Ressources

L’enjeu environnemental

L’enjeu d’égalité

 

Trois exemples : 

Cliquez sur les photos pour accéder aux articles.

À Trappes : “Pour en finir avec des cours de récréation sexistes, où les filles n’existent qu’à la marge” bastamag.net – 22/03/2020

À Paris : “Les cours Oasis” Paris.fr – 30/07/2020

“À Grenoble, fini le bleu et le rose, la récré passe au vert” Libération.fr – 20/07/2020

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Le CAUE de l’Hérault organise le jeudi 1er octobre 2020 une conférence d’Edith Maruéjouls, géographe et créatrice du bureau d’études L’Atelier Recherche Observatoire Egalité (L’ARObE) :

“Paroles de géographe n°17 : la question du genre dans l’espace public” Inscrivez-vous

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