Crédit : EID Méditerranée

Maîtres d’œuvre et d’ouvrage, ne bâtissez pas pour les moustiques !

Méfiez vous de l’eau qui dort…

Dans quelques semaines, nous l’espérons tous, la vie aura repris son cours (presque) normal et nul doute que les petites bêtes de l’été commenceront à venir troubler nos précieuses sorties dans le jardin, sur la terrasse ou le balcon.

Le 14 janvier 2020, l’équipe du CAUE de l’Hérault et sa présidente Julie GARCIN SAUDO ont été invitées par l’Entente Interdépartementale pour la Démoustication – EID Méditerranée – afin de faire un point sur la lutte contre les moustiques en tous genres. Cette visite a été l’occasion pour Christophe MORGO, conseiller départemental CD34, vice-président délégué à l’environnement, président de l’EID, et Bruno TOURRE, son directeur général, de nous faire découvrir tous les aspects de leurs missions, nous présenter leurs équipes et leurs compétences, et d’attirer notre attention sur certains dispositifs architecturaux favorables à la prolifération des moustiques.

Petit rappel : depuis 60 ans, l’EID, organisme public, traite régulièrement des dizaines de milliers d’hectares de zones humides entre l’étang de Berre (dans les Bouches-du-Rhône) et la frontière espagnole, afin de contrôler les moustiques piqueurs, issus de ces milieux humides, avec l’objectif d’assurer un cadre de vie agréable aux touristes estivaux et aux populations permanentes.

Cette lutte a été et reste efficace depuis la création de la Mission Racine jusqu’à nos jours. Mais elle doit faire face depuis quelques années à d’autres moustiques, particulièrement “le tigre“ (Aedes albopictus), dont l’espèce a la capacité à se développer en milieu urbain.

Vous le savez, pour éviter l’émergence du moustique tigre adulte, il est nécessaire d’empêcher le développement des larves, et donc de supprimer les petits réservoirs d’eau ou d’empêcher qu’ils ne leurs soient accessibles. Nous vous renvoyons pour plus d’informations au site de l’EID (espace documentaire) et aux nombreux documents édités par cet organisme, car nous voudrions nous adresser prioritairement aux architectes et maîtres d’ouvrage afin qu’ils soient vigilants et qu’ils évitent de concevoir des dispositifs favorables au développement de ces moustiques.

En premier lieu, la bonne conception du toit terrasse doit éviter la création de flaques d’eaux résiduelles. Le contrôle des pentes et le bon positionnement des évacuations est un point essentiel ! Tout comme l’entretien par le maître d’ouvrage qui devra régulièrement s’assurer que rien ne fait obstacle au parfait écoulement de l’eau (feuilles, débris).

Quand c’est possible, une protection type gravier aura tendance à réduire la présence de ces eaux stagnantes et, par conséquent, les lieux potentiels de ponte des moustiques.

Sur le même principe, les dispositifs de dalles sur plots, favorables à l’accessibilité, sont également propices à la stagnation d’eau sur l’étanchéité, et d’autant plus problématiques que ces eaux ne sont pas visibles par l’habitant.

Là aussi, une vigilance s’impose dans la conception (augmentation des pentes) et dans la mise en œuvre (défauts de planéité, évacuation mal positionnée, ou bouchée). Mais d’autres dispositifs, quand c’est possible, sont sans doute préférables comme la réalisation d’une dalle sur étanchéité. Le traitement de la liaison avec les ouvrants en façade, souvent réalisé par la mise en œuvre d’un caniveau à grille, reste ainsi accessible et visible pour un bon entretien.

Les règlements sanitaires départementaux rappellent ces impératifs concernant les logements et leurs dépendances, tout comme les sous-sols et vides sanitaires… Et il en va de même pour tous les espaces extérieurs qui dans leurs conceptions et réalisations ne doivent pas favoriser le développement de ces moustiques.

Enfin, l’ensemble de ces espaces doit être impérativement entretenu par les habitants, les copropriétés et les maîtres d’ouvrages. Une présence humaine et un nettoyage régulier de mars à octobre des toitures, des terrasses mais aussi des dispositifs d’évacuation s’imposent.

Alors profitons du confinement pour faire la chasse aux eaux stagnantes afin de passer un été tranquille !

Commentaire sur “Maîtres d’œuvre et d’ouvrage, ne bâtissez pas pour les moustiques !

  1. MORGO Christophe dit :

    Merci pour ce très bon article.
    C Morgo

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